Vous ne considérerez plus vos cartes de fidélité de la même façon après la lecture de cette bande dessinée désopilante et troublante.

C'est fort en intensité et en volume, ça pique et ça chatouille, c'est savoureux et se boit d'un trait : un excellent cocktail !

Bonne dégustation !

Arrangeur hors pair qui aime jouer avec les timbres inhabituels, Fred Pallem ne pouvait que s’intéresser à la musique de François de Roubaix (1939-1975), génialissime compositeur de musiques de films trop tôt disparu. « Le vieux fusil », avec Philippe Noiret et Romy Schneider ? Musique François de Roubaix ; « Les aventuriers », avec Lino Ventura et Alain Delon ? Encore François de Roubaix ; « Chapi Chapo », la série pour enfants des années 70 ? toujours François de Roubaix ! Ce défricheur de sons, inventeur avant la lettre du home-studio, poly-instrumentiste de génie est revisité par Pallem et son groupe (le Sacre du Tympan), qui réinterprète quelques uns des thèmes emblématiques de son idole, de « Boulevard du rhum » à « La scoumoune » et de « L’homme orchestre » à « Commissaire Moulin », sans oublier un montage utilisant un extrait d’interview du compositeur dans lequel ce dernier parle de sa musique.

Remontons le temps et retrouvons-nous à la Renaissance, alors que la musique occidentale en est à ses premiers balbutiements. Le violon vient alors d’être inventé en Italie du Nord, et se décline en plusieurs formats : soprano de violon, contralto de violon, basse de violon, bassetto, il existe à l’époque toute une panoplie dont ne subsiste de nos jours que le violon tel que nous le connaissons. L’album de l’ensemble Sonadori permet pour la première fois d’entendre la musique pour ensemble de violons telle qu’elle se pratiquait au XVIème siècle. Il faut absolument découvrir cet album à la prise de son d’une grande clarté et qui dégage une impression de plénitude et d’apaisement.

Hermeto Pascoal est loin d’être un nouveau venu : né en 1936, il est l’un des musiciens brésiliens les plus respectés chez les jazzmen, en particulier depuis qu’un certain Miles Davis a fait appel à lui pour une série de concerts en 1970 et l’a qualifié de « plus impressionnant musicien du monde ». L’album « The Monash Sessions » a été enregistré par des étudiants de la prestigieuse Monash University australienne encadrés par « Le Sorcier » (c’est le surnom de Pascoal) lors d’une résidence au département « musique » de cette université avec d’autres musiciens tels que le guitariste Doug de Vries ou le flûtiste italien Mirko Guirrini. L’album est court, 35 minutes seulement, mais chaque seconde se déguste et se savoure de la première à la dernière note : un jazz innovant, puisant dans les racines brésiliennes du leader mais aussi dans toutes les musiques latino-américaines du dernier demi-siècle. Un régal…